CLERKS en VF, LAGAAN en VO

Lors de mon dernier achat d'impulsion de DVD, je me suis procuré CLERKS. Je me faisais une joie de voir ce film (dont je n'avais vu que des bouts épars et des extraits) car c'est un peu le film culte des geeks,  référentiels, bourrés de clin d'oeil et pas TROP de clichés (quoique), de répliques immortelles, etc. Et cela inclue une théorie intéressante sur les crimes de guerre pérpétrés par la Rebellion.

Bref, hier soir, je rentre avec mon Death Note 4 sous le bras, je me prépare ma petite salade du bonheur, m'installe devant mon lecteur DVD réparé, installe le DVD dans la platine et là, PAF!!

CLERKS en VF. Uniquement. Je veux pas faire mon snob mais malgré le fait que les doublages ont vraiment gagné en qualité, je préfère la VO en anglais parce que … ben je la comprends bien.

Résultat j'ai été assez frustré. De dépit je me suis fait LAGAAN, un film indien de très belle facture qu'un ami m'avait prêté.

 

En fait le ciné indien me plait bien. Même si je le découvre que très récemment et que j'en ai une connaissance limitée je le trouve léger et agréable. Certes il doit être d'une incroyable diversité et sûrement de qualité très variée mais, pour l'instant, ceux que j'ai vu sont très différents et très amusants. Il est aussi fort probable que nous ne récupérions que le haut du panier en France.

Dans ce cinéma il y a des éléments très codifiés et, la partie musicale semble être un impondérable avec des chants et des danses, les personnages sont aussi définis avec des rôles précis : untel sera le bon, unetelle sera la gentille, untel sera le méchant fourbe (d'ailleurs il a une sale gueule), il y aura toujours un musulman et un sikh, les fils respectent leurs parents, et les amoureux ne s'embrassent pas, et puis les britanniques sont des salauds (mais ça c'est pas nouveau hin hin Remember Mers el Kebir), bref les personnages sont définis selon leur statut social et leur apparence : un peu comme le théâtre No japonais, ou la commedia dell arte italienne. Dans beaucoup de cas c'est surjoué, mais c'est normal et dans les conventions.

LAGAAN raconte l'histoire d'un village indien opprimé par les britanniques (en 1893) par un impôt injuste et disproportionné, avec un Rajah impuissant (mais gentil et débonnaire). Un jeune paysan Buvan, va se plaindre et relever un défi … il va accepter une lutte acharnée entre les indiens et les britanniques … un défi dont l'enjeu est le TRIPLEMENT de l'impôt (le fameux LAGAAN) si il perd, ou sa SUPPRESSION pendant 3 ans si il gagne … sur un match de … cricket !!

Ah !

C'est donc amusant, historique (enfin pseudo historique), bien reconstitué (même si le village fait très propret), léger et cela reprend un des thèmes chèr aux indiens : la lutte non-violente face à l'envahisseur britannique. Bien sûr cela relate aussi le premier match de cricket entre les britanniques et les indiens. Le cricket étant, en Inde, un sport extrêmement important, presque une affaire d'état (les matchs contre l'Angleterre ou le Pakistan peuvent donner lieu à des émeutes).

Cela montre, en filigrame, aussi un élément qui m'avait toujours échappé. Comment les britanniques, avec si peu de soldats, on pu coloniser un pays aussi vaste que l'Inde. Ben, apparemment l'Inde était aussi vaste, morcelée et diverse que l'Europe. Les Rajah, pris séparément ne pouvaient pas l'emporter. Les britanniques sont arrivés, ont dit : "Maintenant c'est nous les chefs, mais on vous laisse les pouvoirs loccaux."

Donc ils sont arrivés, avec une force importante mais pas colossale (avec des canons quand même) suffisamment importante pour mater n'importe quel Rajah, mais pas suffisamment pour en mater plusieurs s'ils s'unissaient. Ils n'ont pas interféré avec les prérogatives des rajahs (les potentats locaux) même si ils les ont désarmés. Ensuite les britanniques ont juste perçu leurs part des impôts pris directement chez le Rajah, qui leurs servaient de collecteurs, en échange de la tranquillité, la paix et la protection (dans une cour d'école on appelle ça du racket). En tenant le rôle d'arbitre ils ont empêché les rajahs de se faire la guerre et tout le monde était content, sauf les paysans, bien sûr.

Donc, l'Inde, avant les britanniques, n'existait pas comme entité nationale, un peu comme l'Italie avant Garibaldi ou l'Allemagne avant Bismarck. C'était plutôt une expression géographique : le sous continent indien.

Bref, même si ce n'est pas explicitement précisé, et même si le méchant c'est le britannique, c'est la situation qui ressort dans le film. Le Rajah du film ayant un rôle assez ambigu (que l'on qualifierait en France de collabo) entre obéissance, soumission … mais on sent bien que … euh … il est triste de la situation actuelle … et que, si il pouvait, et bien il bouterait bien ces britanniques hors d'Inde.

Et puis il y a une gentille britannique (qui est assez canon avec des faux airs de Andie McDowell) qui enseigne les subtilités de ce jeu incompréhensible aux gentils paysans unis dans la douleur et la révolte.

Donc il y a une forte connotation politique et patriotique dans ce film avec des accents prononcés de lutte contre l'oppression.

Voilà, c'est donc un film à classer, dans l'échelle de "bonne humeur", plutôt proche de LOVE ACTUALLY avec un côté exotique et historique.

C'est incroyable le nombre de fois ou j'utilise le mot "donc". Cela doit venir de mon cursus militaire dans lequel tout doit dépendre d'une conséquence. Il faut dire que "donc" est avec "à cet effet" et "à l'issue" les 3 éléments qui permettent de conserver la fameuse "chaîne du commandement".

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