Grève dans Paris

Eh oui, depuis quelques temps ce sont des grèves dans Paris ! Enfin dans toute la France aussi, mais vu que les télé y'en a parler que de Paris, ben les grèves c'est dans Paris. Y'avait le réalisme magique, le réalisme artistique, voici venu le temps du réalisme médiatique.

Pis c'est à la mode alors tout le monde s'y met dans une grande communion contestataire, protestataire, etcaeteratataire (taratata). Sûrement le fruit du hasard. Rien de préparé, une génération spontanée en quelques sorte. Même les non grévistes protestent ! Un bundle, un groupire, un prix de gros …

Il y a pleins de corrollaires à ces grèves ! Certes c'est le boxon, les parents restent à la maison pour garder les enfants, les gens travaillent de chez eux ou arpentent le bitume à grands crissements de pneus, vraoum, hiiiiiiiii, re-vraoum, à une allure … d'une lenteur déspérante. Ma maman est bloquée à la maison. Elle paye parce que elle n'a pas assez utilisé le service public je suppose (la méchante).

Les entreprises galèrent, les commerces se désespèrent, les chiffres montent dans un sens, descendent dans l'autre. Les instituts de sondage se goinfrent. Ouf ! Au moins uns secteur économique en pleine expansion ! 

Les vélib' deviennent le dernier truc anti grève (emportez votre énergie avec vous, qu'y disaient). C'est génial pour faire gare St Lazare – Porte d'Asnières ! Après j'ai que 35 minutes de marche (une peccadille).

Donc véliber devient une arme contre la sinistrose et une parade au grèvisme. Véliber fait-il de moi un casseur de grève ? un empêcheur de nuire en ronds ?

Il faudrait porter un T-shirt, "je vélibais avant !" Pour reconnaître l'authentique vélibeur, du vélibeur opportuniste. Le vélibeur qui labourait de son labeur les sillons bitumeux dans une optique résolument bobo écologiste et citoyenne, n'est pas le même que le vélibeur débrouillard qui parade en faisant la nique aux grévistes dans un acte antipatriotique et anti service public.

D'ailleurs, grave question, le Vélib' : la retraite à quel âge ?

Et puis de la tôle froissée un peu partout, des insultes qui fusent facilement : eh va donc, enculé ! Bâtard ! J'travaille moi ! etc. et tout un florilège à l'encan qui est assez imagé mais dont la thématique finale reste assez cadré.

Tout l' monde devient le con de tout l' monde. Comme ça pas d'jaloux. Plus de couleurs de peaux, de religions, de sexe ou d'age. y'a plus que des cons. Le con qu'est passé au rouge. Le con qui déboite pas. Le con qu'a pas acheté sa voiture avec l'option clignotant. Le con qui téléphone. Le con qui pleure. Le con qui s'énerve tout seul. le con qui s'en fout. Le con qui laisse passer les gens. Le con qui livre. Le con qui écoute sa musique à fond. Le con qui cherche une place pour se garer. Le con qui a trouvé une place. Le con qui fait demi-tour. Le con qui grille la ligne blanche. etc. Le con, le con, le con j'vous dis y'a que ça de vrai. Un article de Libé mentionnait que c'est une insulte sexiste. Euh … je pense pas, personnellement. En même temps je pense plus trop en ce moment.

Après la campagne souriez, sâchez recevoir, ville fleurie, ville propre nous avons la grande semaine de l'insulte gratuite et agressive en promotion. Sponsorisé par l'office du tourisme français, m'sieur !

Amis touristes venez prendre votre dose d'insultes parisiennes comme dans les clichés des films américains ! Ne passez pas à côté d'une telle opportunité ! Faites-vous insulter. Prenez des photos ! Enregistrez ! Youtubez ! Découvrez le génis français à l'oeuvre dans toute sa splendeur. "Toi aussi fais-toi pourrir la gueule comme seuls les parisiens savent si bien le faire."

10 euros avec photos. 50 euros avec enregistrement.Tous nos parisiens ont leur certificat d'authenticité : VBP : Viande Beaufine Parisienne. 

On devrait faire de panneaux défouloir, avec inscrit dessus : GUEULEZ ICI et FORT TRES FORT. Passez-vous les nerfs, là, ici, maintenant. Après les toilettes publiques, les gueuloirs publics. On n'arrête pas le progrès. 

C'est pourtant simple : un panneaux avec les indications, une croix par terre.

  1. Se placer debout SUR la croix par terre.
  2. S'orienter vers le panneaux.
  3. Posez votre sac à terre.
  4. Concentrez vous
  5. Attention, 3, 2, 1 …
  6. CRIEZ !

Le Crilib' en quelque sorte. Libérez le cri primal, qui sommeille en vous. Expulsez votre colère.

Ah mais non ! Ce serait du service public, et là il fait grève. Bon, ben tant pis, gardez votre bile et votre colère, faites là bien pourrir en vous et libérez là d'un coup avec violence et ressentiment, contre un grèviste, une vieille dame, un flic, un contrôleur, un feu rouge, un cycliste, votre secrétaire (c'est d'sa faute, m'sieur l'agent elle a les yeux rouges à force de pleurer), votre gosse, votre belle-mère, le postier.

Et puis c'est la mode de quelques coups de poings qui fusent aussi, moins fréquents que les insultes. Une douleur différente, précise et directe. Rien de diffus, rien qui s'accumule. Au contraire un côté libératoire pour celui qui donne. Evidemment ce sont les nez des plus faibles qui trinquernt par les plus excités, qui trouvent ainsi une façon de se passer les nerfs. Le plus faible n'avait qu'à pas être faible. Ou alors il trouvera un plus faible que lui, et il va lui montrer à lui, ce que c'est qu'un homme en colère. Nan mais !

On pourrait proposer à des illuminés de porter des panneaux : FREE COUPS DE POINGS DANS LA GUEULE ! (à recevoir ou à donner au choix). Cela permettra peut-être d'évacuer le stress, le ressentiment, la colère, l'énervement qui s'accumule. Cela remplacerait les FREE HUGS. On pourrait aussi, proposer des FREE EPAULES POUR PLEURER, une autre façon de relâcher la pression.

Ou alors des GV (Gentils Volontaires) devraient se promener avec des punching balls libre d'accès. A côté des gueuloirs. Une autre façon de se passer les nerfs.

On assiste à une sorte de ressurgissement de la bête. Les plus philosophes en perdent leur philosophie.

Les klaxons ! Ah, la délicieuse invention de l'avertisseur sonore ! Formidable ! Il doit y avoir un pays magique dans lequel, quand on klaxonne, la situation se débloque toute seule, par magie. Les gens sourient et les voitures démarrent. Les gens se saluent et remercient le klaxonneur en lui disant "ouf, heureusement que vous êtiez là ! Sinon on aurait attendu encore longtemps !"

Malheureusement les habitants de ce joli pays, quand ils sont de passage à Paris en pleine grève, doivent être bien étonné que cela ne marceh pas dans notre belle capitale. Cela ne les empêche pas de continuer et de presser à pieds joints le klaxon magique qui se situe sur le volant. Pourtant cela doit être bien inconfortable d'avoir les genous sous le menton, le visage tout crispé et rougi par l'effort.

Malheureusement dans notre belle nation cartésienne nous envoyons des ondes anti-magiques qui bloquent les effets parnaormaux et occultes de l'avertisseur sonore magique. C'est CUL-TU-REL ! C'et GE-NE-TI-QUE ! C'est l'exception française j'imagine ! Donc, à ces braves gens, je dis votre klaxon magique ne marche pas n'insistez pas ! Mettez vous le dans le … la poche et utilisez-le chez vous. Ici cela à tendance à faire empirer les choses.

On pourrait faire aussi un site internet d'enterrement de tout ce que l'on aurait voulu faire mais que l'on a pas pu. Hier je voulais aller au cinéma avec ma femme et mes enfants, mais j'ai pas pu ! Hier je voulais rencontrer la douce XXXX, lui dire qu'elle était belle et désirable et lui demander sa main, mais j'ai pas pu ! Hier j'ai voulu dîner chez maman parce que cela faisait longtemps que je l'avais pas vu, mais j'ai pas pu.

Une sorte de recensement RIP des occasions, rencontres, achats, (bonnes) surprises, cadeaux, retrouvailles, … ratés. Un cimetierre des petits bonheurs perdus pour qu'ils ne soient pas gâchés ! Tiens je commence :"Hier j'ai voulu aller à un cours du soir sur la défense européenne dont le thême était Armée et Diplomatie à travers l'exemple du Kosovo. J'en aurai profiter pour revoir quelques amis et discuter avec eux. Après nous serions probablement allé prendre un verre au Comptoir du 5. Ben j'ai pas pu." (RIP)

Enfin bref, je suis un poil contrarié, je ne sais pas qui a tort, qui a raison, et en fait je m'en branle un peu mais on vit une période vraiment incroyable et unique. J'ai cru comprendre que des préavis de grèves ont été posé pendant les vacances de Noël ! Génial, donc si cela n'aboutit pas (et cela n'aboutira pas, puisuqe les positions sont irréconciliables) pensez à partir en voiture (mais les péages cela peut se bloquer … tiens ça c'est une bonne idée), en avion (éventuellement, mais depuis que Air France n'est plus du service public ils font moins grèves. Ils sont vraiment pas drôles).

 

 

 

Bon, je fais pas de politiques, hein ! De toutes façons les argumenrts des uns et des autres sont tellement caricaturaux dans un sens (enfoirés de grèvistes !!) ou dans l'autre (enfoirés de patrons !!) que cela tourne à un duel absurde ! Et puis on rentre dans cette grotesque mascarade ou chacun proteste de sa bonne foi. C'est pas moi, m'sieur c'eSt lui !. Et puis  ou on cherche des responsables : c'est la gauche ! c'est la droite ! c'est les syndicats ! c'est le gouvernement ! C'est les médias !

Je suis franchement attristé. Parce que vous savez j'aime beaucoup ce pays. Mais vraiment, vraiment ! J'ai pas mal voyagé. J'ai pu voir des cultures différentes, des traditions, des religions, des savoir-faire, des savoir-vivre, des coutumes différentes, variées, diverses … bref c'est super agréable de voyager de voir tous ses gens si différents. Cela ouvre sur les autres, cela permet une certaine compréhension. On enlève des barrières, des clichés, des stéréotypes réducteurs. Les gens aiment autant leurs enfants quel que soit leur pays.

Et ben, je suis toujours ravi de retourner en France parce que c'est ma culture, ma langue, mon histoire, mes racines. Je dis pas que c'est meilleur, c'est juste différent et c'est à moi. Je n'ai pas à en avoir honte ni à en tirer de la fierté. On ne peux être fier ou avoir honte que de ce que l'on a fait. Or moi j'ai rien fait, je suis juste le fils de mes parents. Et j'ai eu la chance de naître français dans une période de prospérité relative, de sécurité tranquille et de liberté certaine.

Mais là je comprends plus très bien mon pays. Peut-être que c'est moi qui déconne et que je devrai partir à la révision des 100 000. Changez la mécanique, remettre de l'huile.

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